Passionné d’histoire et d’art contemporain, Gabriel Berthod vit et travaille entre Paris et Bruxelles.

Elsa a retrouvé le sourire est son premier roman.

 

- Comment l’idée de ce livre est-elle née ?

Gabriel Berthod : Il existait de nombreux ouvrages de référence sur le vol du patrimoine artistique lors de la Seconde Guerre mondiale, comme celui de l’américaine Lynn Nicholas, Le pillage de l’Europe, ou Le Musée disparu, du journaliste portoricain Hector Feliciano, mais aucune œuvre de fiction n’avait encore été réellement écrite sur le sujet. Après de longues semaines de recherches, l’idée m’est venue d’utiliser ce cadre historique comme point de départ d’un roman d’investigation.     

 

- L’actualité vous a-t-elle inspiré ? (affaire Gurlitt, rapport parlementaire sur les œuvres spoliées, programmation du documentaire « Illustre et inconnu » de Jean-Pierre Devillers et Pierre Pochart sur la sauvegarde des collections du Louvre par Jacques Jaujard …)

GB : Si l’actualité récente est venue nourrir mon récit, elle n’est pas à l’origine de ce projet. J’ai effectivement suivi de très près l’incroyable péripétie de la collection Cornelius Gurlitt, ou des expositions liées à ce thème, comme celle de Liège en Belgique, consacrée à « l’art dégénéré ». Mais ce qui m’intéressait n’était pas tant ces informations que de me concentrer sur un récit d’investigation qui serait le plus proche possible de la réalité.

 

- Elsa a retrouvé le sourire emprunte les codes du roman historique puis s’inspire du roman policier. Comment avez-vous opéré pour mêler des protagonistes de votre livre qui ont réellement existé - Jacques Jaujard, Rose Valland par exemple - avec vos personnages fictifs comme l’« art detective » Guillaume Basquerville ou le collectionneur Vernet ?

GB : Ce livre est avant tout une œuvre de fiction. Néanmoins, pour que le récit soit le plus crédible possible, il importait que les personnages romanesques côtoient des figures marquantes de cette époque ou participent à des évènements ayant réellement existé. C’est toute la frontière entre histoire et roman… 

De plus, je tenais à rendre hommage à certains personnages, encore peu connus, de l’histoire de France et que l’actualité remet en lumière. Vous avez mentionné l’action de Jacques Jaujard. Savez-vous par exemple, que Rose Valland, témoin privilégié de cette aventure, est encore à ce jour la femme la plus décorée de France ?   

 

- Le titre et la couverture intriguent. Le lecteur découvre-t-il la clé dans le roman?

GB : Roman d’investigation, construit sur le mode du héros-narrateur, Elsa a retrouvé le sourire invite le lecteur, dès la première page, à participer à cette recherche d’une collection disparue. Quant à l’élucidation de l’enquête, je vous laisse le soin de la découvrir par vous-même …  

 

- On vous sollicite pour une adaptation d’Elsa a retrouvé le sourire en roman graphique. Est-ce la prochaine étape ? Avez-vous d’autres projets ?

 

GB : L’adaptation cinématographique de Monuments Men, le livre de Robert Edsel a révélé au grand public l’ampleur du pillage artistique sous l’occupation allemande. Ce sujet intéresse un public nombreux et depuis la sortie d’Elsa a retrouvé le sourire, je réponds à de multiples questions suscitées par la lecture de ce roman. Plusieurs projets sont effectivement en cours, dont un qui m’est particulièrement cher : l’adaptation de cette histoire en roman dessiné. Une suite pourrait également voir le jour prochainement ….